Mardi 23 juin 2020 à 22h22, le jour et l'heure tel qu'on peut voir sur une curieuse publication, un montage, sur la page facebook de Elections Cameroon(Elecam). Le drapeau tricolore du Cameroun, le vert, rouge et jaune, frappé d'une étoile dorée, visiblement mal ressorti, est en fond. Au dessus, une photo d'un opposant camerounais, contestataire de l'élection du président Paul Biya à la dernière élection présidentielle jusqu'à ce jour, la main levée et le point fermé. Cette photo est précédée d'un message réputé dans les annonces fortes d'horloge, le "TIC TAC".

Elle est épinglée par une signature" Elecam" que les auteurs ont attribué à l'organisme en charge des élections et des référendum au Cameroun, à la suite d'un texte en lettre majuscule en anglais," THE TRUTH SHALL ALWAYS PREVAIL. ITS JUST A MATTER OF TIME".

De l'inimaginable sur un site sérieux comme celui de Elections Cameroon et surtout de cet organisme dont la volonté réelle ou bien le sérieux et l'efficacité au service de la construction et la consolidation de la démocratie et la paix au Cameroun se voient au fil des années et des consultations électorales qu'il organise dans le pays depuis sa création. Cette curieuse publication d'un mauvais goût ne passe pas inaperçu. Entre indignations, dénonciation de toutes sortes des activités des malfrats sur la toile, manœuvres de destabilisation du pays et pour ternir surtout l'image d'une institution qui a réussi à gagner le coeur de nombreux camerounais, les réactions ou commentaire se comptent par milliers, les partages gonflent au fil des heures aussi.

Elecam de son côté n'a pas laissé le temps passer pour réagir, condamner fermement et se désengager surtout d'une telle publication aux projets certainement bien ficelés par ses auteurs et appeler à la vigilance. D'abord dans les réseaux sociaux, dans de nombreux forums de journalistes et ensuite par un communiqué officiel du président du Conseil Électoral de Elecam, ENOW Abrams EGBE. Une folle journée certainement dans les couloirs et bureaux de cet organisme bien serein malgré ses nombreux defis.

"Le président du Conseil Electoral, président de Elections Cameroon, porte à la connaissance de l'opinion publique nationale et internationale, qu'un groupe d'individus mal intentionnés, a fait intrusion dans le compte facebook officiel de Elecam, la nuit du mardi, 23 juin 2020 à 22h22min et y a publié des informations mensongères qui vont à l'encontre de l'éthique et des missions d'Elecam. Tout en condamnant fermement cet acte criminel très grave, le président du Conseil Electoral tient à dégager l'entière responsabilité de Elections Cameroon"

peut- on lire dans ce communiqué publié le mercredi 24 juin 2020. Des dispositions sont prises pour une prise à main de ce compte et la traque de ces individus lancée, informe aussi ce document officiel.

 

Un crime puni au Cameroun

Le piratage de compte et pleines d'autres activités qui rentrent dans la cybercriminalité se portent toujours plutôt bien au Cameroun ces derniers temps comme d'ailleurs dans plusieurs pays au monde. Personne ne semble y échapper. Du simple citoyen aux autorités en passant par les hautes personnalités, hommes d'affaires, entreprises de tout secteur et organismes publics et privés, le piratage des comptes et profils sont monnaies courantes avec en dessous la publication des fakes news et toutes les utilisations inimaginables que seuls sont capbles les pareils fraudeurs et criminels sur la toile.

Face à cette situation qui prend de plus en plus de l’ampleur au Cameroun et fait d'innombrables victimes, le pays a décidé de relancer la traque de ces différents criminels dans le cyberespace. C'est d'ailleurs, le sens d'une correspondance du directeur du cabinet civil de la présidence de la République du Cameroun, adressée en avril dernier au Directeur général de l’Agence nationale des technologies de l’Information et de la communication (ANTIC).

D'après la LOI N°2010/012 du 21 decembre 2010 relative à la cybersécurité et la cybercriminalité au Cameroun dans l'Article, 65.

"- (1) Est puni d’un emprisonnement de cinq (05) à dix (10) ans et d’une amende de 5.000.000 (cinq millions) à 10.000.000 (dix millions) F CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui effectue, sans droit ni autorisation, l’interception par des moyens techniques, de données lors des transmissions ou non, à destination, en provenance ou à l’intérieur ou non d’un réseau de communications électroniques, d’un système d’information ou d’un équipement terminal.(2) Est puni des peines prévues à l’alinéa 1 ci-dessus, tout accès non autorisé, à l’ensemble ou à une partie d’un réseau de communications électroniques ou d’un système d’information ou d’un équipement terminal. (3) Les peines prévues à l’alinéa 1 ci-dessus sont doublées, en cas d’accès illicite portant atteinte à l’intégrité, la confidentialité, la disponibilité du réseau de communications électroniques ou du système d’information."

Aboubakar Sidick MOUNCHILI