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La mystérieuse disparition du journaliste identifiée comme un crime dans l'enceinte du consulat et reconnu comme tel par le régime saoudien comme « un acte inacceptable, intolérable et odieux et dont les auteurs rendront des comptes », est devenue subitement une affaire d'État. Le sujet traverse le monde entier et résonne à renfort médiatique d'une certaine presse et organisations de défense des droits de l'homme et même de certains pays.


 (c) Photo: Franceculture.fr

Pourtant ce 2 octobre 2018 là, c’est une belle journée qui brille sous le ciel d’Istanbul en Turquie personne n’imagine qu’il va rentrer dans l’histoire comme le début d’une explosive affaire. Une affaire qui va faire le tour du monde et dévoiler, selon  de nombreux autres observateurs, le visage d’une confrontation à la fois diplomatique, économique, culturelle et géostratégique dans le proche orient, une confrontation qui laisse apparaitre les relents d’appétits et de lutte de leadership pour le contrôle du monde et surtout de la région. Dans le ring, certains pays de la région avec plus ou moins, leurs différents alliés présents ou envisagés alignés. L’odeur de la récupération à des buts bien avoués plane dans l’air. On dirait même finalement l’épisode d’un film dans lequel, l’Arabie Saoudite, dans une vase ambition de reformes au profil de son peuple en tant qu’Etat moderne résolument engagé vers plus de modernité et d’ouverture au monde, grâce à la vision et la volonté d’un jeune prince, très admiré par la jeunesse et la planète,  est en train d’être abattue en plein vol.

Une « mort douloureuse et injustifiée » selon le prince héritier Mohammed BEN SALMANE

Pour les faits, alors qu’il est 12h14 ce jour-là, officiellement pour chercher à obtenir un document devant lui servir dans le cadre d’un mariage qu’il prépare, Jamal Khashoggi entre au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul. Sa fiancée attend de l’autre côté de la route. Des heures passent, aucune nouvelle de lui. L’inquiétude gagne ses proches, cette fiancée et son employeur, le Washington Post, qui ne parviennent pas à le joindre. Dans les éedias, c’est dans tous les sens que les choses commencent à aller. Deux jours plus tard, le 4 octobre, sans trop de précisions, Ryad affirme que le journaliste est bien venu au consulat mais  a quitté le bâtiment quelques temps après. Une déclaration qui ne rassure pas les autorités turques qui pensent le contraire et demandent à fouiller le consulat. Les heures s’égrainent et les jours succèdent.  Entrent alors en scène ce que certains ont qualifiés « des preuves de ce qui se serait passé réellement dans le consulat » et surtout certains hauts dirigeants du monde qui font des déclarations et réclament pour la plupart, une enquête.

Le 18 octobre, la Turquie diffuse des images retraçant les mouvements d’un homme présenté comme un officier de sécurité saoudien qui serait impliqué dans ce qui s’est passé à l’intérieur du consulat gonflant par la suite et les questionnements, déclarations et accusations contre Ryad dans les rangs de certains pays. Le lendemain, les fouilles sont menées au consulat, à la résidence du consul et les employés turcs du consulat interrogés. Pendant ce temps, quatre ONG de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse montent au créneau pour réclamer une enquête indépendante. Le 20 octobre, Ryad, au bout d’une première investigation, reconnaît que le journaliste est mort au consulat. Dans la foulée,  deux hauts responsables sont limogés et 18 ressortissants saoudiens arrêtés avec la promesse ferme du Royaume d’Arabie saoudite de faire toute la lumière sur cette affaire et les coupables poursuivis et punis conformément à la loi.

Mais toutes ces mesures prises immédiatement par Riyad à la suite de cet acte semblent ne pas faire fléchir certaines positions. Au contraire, le royaume et son jeune prince héritier est plutôt sous les feux des projecteurs avec des critiques les plus acerbes. Embargo de vente d'armes par ci, des mesures particulières et coercitives annoncées à l'endroit du pays par-là, sans oublier des déclarations des plus inattendues de certains pays ou dirigeants, l'Arabie saoudite est traitée sinistrement de tous les mauvais noms d'oiseaux au point d'amener bien de personnes à se demander si finalement cette regrettable mort d'un journaliste ne sert pas de cabale pour étouffer un État résolument, plus que jamais, décidé à changer de cap  pour se hisser en bonne place dans le palmarès des pays qui n'ont pas beaucoup de choses à se reprocher sur le plan du respect des droits des citoyens et des grandes transformations pour le bonheur de ses populations.

De la récupération

Finalement donc dans cette affaire, des questions deviennent plus nombreuses et importantes que des réponses. C’est pourquoi  beaucoup d’observateurs pointent une récupération, l’assassinat malheureux d’un  journaliste qui sert plutôt des intérêt,  de ceux qui tirent des ficelles dans l’ombre pour voir le royaume d’Arabie saoudite tombé avec des populations remontées contre elles, ou tout simplement un royaume avec une image ternie, un pouvoir  confronté à toutes les difficultés  et un jeune prince héritier « décapité en plein vol ».

D’après le consultant et analyste politique camerounais, Arthur AWOUMOU, ce qu’on peut appeler le grand réveil saoudien avec les grandes annonces du jeune prince Mohammed  BEN SALMAN, ne peut pas toujours faire plaisir à beaucoup sur la scène internationale surtout dans la région, beaucoup de pays dit grands souhaitant toujours que d’autres soient dans  des postures de vulnérabilité, de faiblesse pour une ou telle chose qu’on reproche à tort ou à raison pour les contrôler, les dominer ou maintenir dans cette position pour pouvoir les exploiter. « Comment peut-on accepter facilement que l’Arabie saoudite fasse des grandes ouvertures à ses populations. Les femmes qui conduisent, l’économie diversifiée, le pays complètement transformé. Les droits des citoyens plus jamais  respectés à tous les niveaux, le pays lui-même se présentant plus que par le passé comme un grand acteur au service du monde en tant que force et défendant une idéologie, le pétrole, l’arme par laquelle, le royaume est tenu, ne soit plus la principale ressource. Son contrôle va sûrement échapper à moyen ou à long terme. Et avec toutes les avancées, le royaume va redoubler sa suprématie, ce qui ne fera toujours plaisir à d’autres pays qui ont aussi, les mêmes appétits de suprématie dans la région»

C’est pourquoi  alors, l’affaire Jamal KHASHOGGI, de ce point de vue très partagé aussi à travers le monde, ne devient plus une simple affaire d’assassinat mais plutôt un tremplin. Ceux qui lisent la scène internationale et observent comment  les pays se comportent vis-à-vis d’eux, comprennent aisément ce qui se passe, conclut ce consultant camerounais en ajoutant que dès lors qu’on intègre tous ces paramètres, on comprend pourquoi ça va dans tous les sens dans certains médias et chancelleries avec au finish, une volonté de nuisance pour le royaume et surtout son jeune prince « placé » au centre de cette macabre affaire.

La scène internationale est très disputée et certains pays en ont "une propriété" pour être seuls à dominer et surtout diffuser leurs valeurs. Tant qu'un pays ne voit pas comme ces "grands", il est alors taxé de tout. Les embargos de tout genre et parfois les résolutions des Nations unis montées de toute pièce suivent. Certains pays, la plupart, musulmans et c'est une curiosité, ont payé les frais et sont devenus l'ombre d'eux même aujourd'hui. Aucune thérapie n'arrive à rétablir l'ordre, la sécurité et la paix durable dans la plupart de ces pays que les occidentaux dénonçaient d'un temps dépassé avec leur dirigeant.


Aboubakar Sidick

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