Face à ce qui se vit actuellement dans plusieurs régions du monde notamment en Amérique et en Europe, il est peut-être temps de rappeler, une fois de plus, dans un pays comme le Cameroun, avec les faits et gestes qu'on observe au quotidien, qu'on n'est pas encore sorti du danger et des catastrophes du coronavirus. Bien au contraire, le pire peut arriver si on n'y prend pas garde.

C'est ce que vient de faire le gouvernement à travers un communiqué du ministre de la communication, rendu public le 02 novembre 2020.

"La pandémie du coronavirus n'est à ce jour, ni vaincue, ni éradiquer au Cameroun. La mise en œuvre de la stratégie nationale de rispote contre le Covid 19, prescrite par le président de la République, son Excellence Paul Biya, en vue de protéger les populations de la contamination et de la propagation de cette pandémie se poursuit, et tous les acteurs de la chaîne de riposte restent mobilisés de façon optimale sur l'ensemble du territoire national" a rappelé René Emmanuel Sadi, en appelant également au sens de responsabilité des populations et les exhortant au respect des mesures barrières.

Ces mesures sont entre autres, il faut le rappeler, le port obligatoire et systématique du masque dans les lieux publics, le respect de la distanciation sociale, le lavage régulier des mains avec de l'eau propre coulante ou avec du gel hydro-alcoolique.

Maintenir le cap de la riposte

Cette sortie du ministre de la communication vient rappeler à souhait que le gouvernement camerounais s'est mis à la page des défis contre la pandémie dès le début. Malheureusement quelques failles dans le dispositif, le manque de civisme de nombreux camerounais, le laxisme dans le suivi de la mise en oeuvre de certaines mesures n'ont pas permis d'aller au-delà des résultats actuels sur le terrain dont on ne peut applaudir même comme ils ne sont, non plus alarmants par rapport à d'autres pays.

Dans la même perspective de renforcer ce dispositif, le ministre camerounais de la santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a fait, il y'a quelques jours, tour à tour, une visite de travail à l'aéroport international de Yaoundé Nsimalen et puis à l'aéroport international de Douala. L'objectif était de voir comment fonctionne le dispositif sanitaire au niveau de ces portes d'entrée au Cameroun.

Descente dans les aéroports du ministre camerounais de la santé publique et sa suite. (C)Photos: Celcom Minsante.

Le ministre de la santé en a profité pour se rassurer de ce qui est fait concrètement dans ces lieux en termes de surveillance pour ce qui est d'une éventuelle présence ou circulation de virus, à savoir la prise de température, la désinfection des mains, la décontamination des bagages et la vérification du test Covid, le test PCR, exigible pour l'entrée en territoire camerounais, a rappelé le ministre, tout en indiquant que certains voyageurs à l'arrivée, venant de certains pays, présentent des tests issus des laboratoires méconnus. Une situation qui mérite une attention et dont ses services vont se pencher pour avoir la liste des laboratoires agréés de ces pays qu'il a présentés comme amis du Cameroun.

Comme dans la plupart des pays africains, certains camerounais continuent à penser que le coronavius est une fiction ou "une maladie des blancs". Face à "la résistance" jusqu'ici du continent africain, face au cataclysme qu'annonçait pour cette partie du monde, l'OMS, l'idée de ne plus prendre très au sérieux les mesures barrières, se renforcent chez beaucoup. Ceux qui ont réussi à un moment à croire tout de même à l'existence de la maladie, la prenne deja, pour certains, comme une affaire dont la page est tournée ou dont l'africain serait "le plus résistant".

Relâchement des mesures barrières

Le respect des mesures barrières en public tout comme des précautions élémentaires dans de nombreuses familles ne sont plus d'actualité. Les surcharges dans les moyens de transport en commun se sont réinstallés. Les cérémonies font leur plein. Les lieux comme les marchés, les débits de boisson, les églises et mosquées fonctionnent comme s'il en était plus rien. Le port de masque revient, on dirait à celui qui veut se faire voir, et que dire, de la distanciation ? Pourtant la maladie est là et ronge à petit feu la société.

Participation de tous à la riposte.

Les camerounais chacun à son niveau, doivent participer à cette lutte en respectant les mesures édictées par le gouvernement, demandent avec insistance les autorités. Ce qui permettra sans doute au pays de ne pas sombrer dans un autre confinement qui va l'amener à perdre énormément presque dans tous les plans.

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L'année scolaire 2019/2020 a été profondément marquée et "déconstruite" par cette pandémie. L'économie a subit une perte énorme. Des entreprises ont fermé ou réduit des effectifs, ce qui a jeté dans la rue, de nombreux camerounais qui ne savent où se plaindre ou comment faire dans un contexte où déjà, trouver du travail n'est pas une mince affaire.

Aboubakar Sidick Mounchili