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Le mercredi 19 décembre 2018, le peuple malgache va s'offrir un nouveau président. Deux anciens chefs d'État s'affrontent. Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Ils ont ceci de commun qu'ils sont deux visages qui se connaissent bien et s'opposent sur plusieurs plans ou presque sur toute la ligne. Ils ont été maires de la capitale et sont deux acteurs de premier plan de la crise politique de 2009 à 2013 qui a paralysé le pays. Ils ont tous les deux été écartés de la dernière élection par la Communauté internationale. Ce retour sur la scène politique et les retrouvailles comme tête d'affiche au deuxième tour, ont l'air d'un combat de siècle pour les deux et leurs partisans.

 

Très riches, ils ont réussi à ratissé tout le terrain et à se faire entendre auprès du peuple. Ce qui leur a permis d'écraser littéralement les 34 autres adversaires du premier tour dont le président sortant, Hery Rajaonarimampianina qui n'a pas pu, d'après, certains malgaches, transformer ses cinq ans  de mandat en une véritable occasion de placer rapidement Madagascar sur les rails de l'envolée économique et la lutte contre le chômage des jeunes, la délinquance urbaine et juvénile pour ne citer que ces défis. Il n'a été crédité que d'un maigre score, juste un peu plus de 8% alors que l'ancien et jeune maire de Antanarivo qui a par ailleurs été à la tête du pays de 2009 à 2013 pour la transition, est arrivé en tête avec 39,23% contre 35,35% pour son prédécesseur Marc Ravalomanana. Un résultat très serré qui propulse les deux anciens chefs d'État et rivaux à une explication finale dans les urnes pour le deuxième tour. Après un mois de campagne pour le premier tour qui s'est tenu le 07 novembre dernier et après aussi deux semaines de campagne et deux face à face télévisées, les deux prétendants espèrent chacun, au regard des arguments avancés, le projet projet politique et les moyens colossaux mis à contribution, avoir la confiance des électeurs.

Si les choses se sont déroulés jusqu'ici sans véritable problème sur la Grande Île pour cette élection, en dehors de quelques couacs, l'on craint tout de même que le pays chavire à nouveau dans une crise post électorale à l'instar de celle de 2001 où le pays s'était retrouvé avec deux candidats qui se réclamaient vainqueurs au premier tour de l'élection, Didier Ratsirak et Marc Ravolomanana. Les différents sondages publiés au fil des jours sur cette élection pour ce qui est du deuxième tour, donne toujours vainqueur, comme au premier tour, Andry Rajoelina. Le Conseil africain des médias est au coeur de cette grande actualité électorale et publie chaque jour les intentions de vote des malgaches. Ils sont un peu plus 10 millions d'électeurs attendus aux urnes.

D'après de nombreux observateurs, la participation s'annonce  plus massive par rapport au premier tour pour cette élection dont les enjeux sont énormes: Tourner définitivement la page de l'instabilité politique de la Grande Île, donner espoir aux jeunes, très nombreux dans le pays et aux paysans, au coeur de l'avenir économique de Madagascar. Sur ce chapitre économique justement, permettre au pays de se relever après les différentes crises politiques qui l'ont plombé, résorber le chômage des jeunes avec la mise sur pied des conditions et de mécanismes de création d'emploi, la lutte contre la corruption et la mal gouvernance. La liste longue.

Tous les deux candidats ont fait des promesses dans ce sens avec une carte de réalisme et d'espoir cependant que Andry Rajoelina a présenté et réussi jusqu'ici à faire aimé par de nombreux malgaches et surtout la jeunesse. Cela va t - il se concrétiser dans les urnes? On le verra...

Aboubakar Sidick MOUNCHILI

Envoyé spécial à Antanarivo