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C'est l'un des messages forts du sermon prononcé par le Grand Imam de la Région du Littoral et par ailleurs président de l'Union Islamique du Cameroun(UIC) et du COCIMAI, lors de la fête du sacrifice, célébrée le 11 août 2019 au Cameroun comme partout ailleurs à travers le monde entier. Face aux crises multiformes auxquelles le Cameroun fait face et plus particulièrement depuis quelques années déjà dans les régions du Nord-ouest et du sud-ouest, à côté  d'autres foyers de tension dans le grand nord et dans d'autres régions, la paix ne viendra pour lui qu'à une condition qui semble être négligée.

 

Cette condition, c'est quand dit-il, "les hommes de culte de toutes confessions confondues, traditionnels, orthodoxes, catholiques, protestants, toutes églises, toutes mosquées autorisées et reconnues comme telles par les Institutions, se seront regroupés non plus à jamais pour prier dans les chapelles, c'est quand les hommes de culte deviendront des ambassadeurs actionnaires, des fonctionnaires actionnaires de Dieu pour la paix, entreront partout où ne règne plus la paix, au fin fond des brousses, pour rencontrer les créatures de Dieu, pour leur tenir le bâton de paix qui leur a été donné du ciel, la main de Dieu les conduisant, pour parler à leurs coeurs".

Lorsqu'ils auront agi ainsi, "tout prendra fin, les armes ne parleront plus" a-t-il conclu devant des milliers de fidèles accrochés à ses lèvres pendant près d'une heure d'horloge, le temps qu'à duré ce sermon au Camp Bertaud à Douala, après l'accomplissement des deux rakates, les deux rituels de prières de circonstance. Presqu'une main tendue dans un contexte de préparation du dialogue annoncé au Cameroun, de recherche des acteurs idoines, pour une sortie de crises et un retour véritable et durable à la vie normale dans ces régions en difficulté.

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Outre les aspects cultuels et philosophiques du sacrifice, le sermon du Grand Imam de la Région du Littoral a abordé presque tous les sujets majeures de la vie du Cameroun, de l'Afrique et du reste du monde, la vie des fidèles et des autres composantes de la société.

Dans un style propre à lui, son dicours, bâti autour du concept de la peur, est revenu ainsi sur le mérite de l'immolation pour ceux qui en ont les moyens, sa symbolique, le musulman dans l'espace laïc, sa contribution pour le developpement du pays, le vivre-ensemble, les droits de l'homme, le Hadj dont l'organisation d'après lui, est appelée à se professionnaliser davantage et changer également pour s'arrimer à la laïcité en passant par plusieurs maux qui minent la société comme le détournement des biens publics, la corruption, le tribalisme, le boko haram, le phénomène des coupeurs de route, le kidnapping des hommes politiques et des chefs traditionnels pour ne citer que ceux-ci.

Le tribalisme, ennemi de la République, grand fléau qui a trouvé son lit dans l'Islam au Cameroun?

Le Dr Moubarak n'est pas passé par quatre chemin pour dénoncer ce "fléau qui se porte malheureusement plutôt bien dans la communauté musulmane au Cameroun" d'après certains fidèles. Condamné vivement par l'Islam et les lois de la République, le phénomène est là et beaucoup de musulmans en sont victimes de la part d'autres pour ne prendre que cet exemple qui concerne la vie au sein de la communauté, affirment-ils. Le Grand Imam a dénoncé des propos de haine dont il est victime, des actions visant à ternir son image et toutes les actions qu'il entreprend pour le bien de toute la société sans distinction et qui sont ni plus, ni moins sous ses yeux, "bien que cela soit certain que les prophètes ont subi de même et pire encore, que des actes regrettables de tribalisme, de haine et d'un combat insensé de personnes d'autres époques, sans utilité et inacceptable dans aucune religion monothéiste et société appelée à s'abreuver plutôt de la richesse de la diversité des ethnies, des cultures et même de la confrontation des idées dans le sens positif avec le dialogue, le partage, la concertation et le travail ensemble entre autres comme valeurs".

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L'Imam a raison, lâche un fidèle au milieu de la foule, à la fin de ce sermon. Sous prétexte, poursuit-il, "qu'il avait pris le devant comme toujours pour orienter avec exactitude les fidèles et la communauté nationale du Cameroun sur le début et  la fin du mois de ramadan, cela n'a vraiment pas plu, on l'a constaté, à certains qui ont, en plus des menaces verbales et dans les réseaux sociaux à son encontre, décalé la fête de fin du jeûne du mois de ramadan, en la fixant un jour après la date exacte, celle qui a été observée par la majorité des pays musulmans au monde y compris l'Arabie saoudite qui a servi de repères pour la fête du sacrifice. Or, on a suivi de la bouche de ces personnes que l'Arabie saoudite pourtant équipée d'instruments sophistiqués pour scruter le lune, n'est nullement la référence, qu'il faut scruter le ciel et voir à tout prix la lune dans sa région. Cette fête du sacrifice intervient, deux mois islamiques et dix jours après le ramadan. Le début tout comme la fin de ce mois comme d'ailleurs tous les mois lunaires sont toujours indiqués par la présence d'un nouveau croissant lunaire qu'on doit observer avant. Et cela ne revient pas à n'importe qui. C'est une affaire des personnes qui connaissent et sont équipées. Aux musulmans camerounais maintenant de faire leur décompte, de voir ce qui s'est passé avec cette fête du sacrifice et de se demander pourquoi tout ce qu'on a vécu lors de la fin du mois de ramadan, pourquoi cette vive polémique, pourquoi avoir désorienté les fidèles et causer du tord à de nombreux citoyens. Tout cela, parce-que l'information sûre venait de quelqu'un d'autre, quelqu'un d'une autre tribu".

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Comme quoi donc,  les défis sont énormes au Cameroun sur ce sentier de la vie entre différentes ethnies. En plus de l'attention à accorder à certains qui versent dans ce fléau ou à d'autres qui veulent simplement opposer certains camerounais d'une région à une ou d'autres, il revient aux musulmans d'être les premiers acteurs à combattre cela entre eux et dans le pays car le tribalisme est un véritable mal et péché d'après l'exégèse du coran.

Aboubakar Sidick.