C'est ce que pense le Dr Hamadou Nassourou, cardiologue, Président de la Cameroon Hypertension Society (CAMHYS). La Société Camerounaise d’Hypertension en abrégé CAMHYS, est une société savante de professionnels de la santé, exerçant au Cameroun en partenariat avec le Ministère de la santé et l’Ordre National des Médecins du Cameroun depuis 7 ans. Elle est par ailleurs membre permanent de l’Institut International d’Hypertension, ISH. Dans le cadre de ses activités, la CAMHYS organise du 12 au 18 novembre 2017, la 3ème édition du Congrès International de l’Hypertension. La ville d’Ebolowa, capitale de la Région du Sud va abriter cette importante rencontre. Pour parler de l’état d’avancement des préparatifs, nous avons rencontré le Dr Hamadou Nassourou, cardiologue, Président directeur général de la Clinique du Diamaré qui dispose d’un centre de cardiologie.

Afriknouvelles.info : Dr Nassourou, nous savons que votre organisation a choisi de sensibiliser sur les facteurs de risque de l’hypertension et des maladies cardio-vasculaires. Lorsqu’on scrute le planning des activités que vous projetez mener à Ebolowa on ne voit à priori aucune innovation.

Dr Hamadou Nassourou : Je vois que vous suivez nos activités avec pertinence. Je peux vous dire que de nombreuses innovations sont au programme de cette troisième édition de notre congrès notamment l’accent que nous mettons cette année sur le stress dans le milieu du travail et ses conséquences dans l’accroissement des cas d’accidents vasculaires cérébraux AVC. Au lendemain de notre 2ème Congrès sur l’hypertension qui s’était déroulé à Bafoussam, le comité scientifique a entrepris une étude sur l’impact du stress dans la santé des employés. Les résultats sont alarmants, dans la mesure où tous les secteurs sont touchés, même celui des demandeurs ou chercheurs d’emploi encore appelé les chômeurs. Pour cette raison, nous focalisons notre action cette année sur ces catégories socio professionnelles.

Afriknouvelles.info : Comment se traduit le stress au quotidien ?

Dr Hamadou NASSOUROU : De plusieurs manières aussi sans être exhaustif je dirais qu’il y a d’abord le poids des responsabilités pour les décideurs, dans un environnement marqué par les tensions de tout ordre, la pression des résultats positifs dans un contexte de corruption généralisée qui se traduit par le souci de cacher les multiples fautes de gestion commises, mais aussi par la pénibilité des tâches à accomplir et l’inadéquation des salaires face au travail effectué qui sont le lot des cadres et agents à différents niveaux. Dans le monde rural c’est la pénibilité du travail qui prime, avec des revenus réduits à leur plus simple expression. Au final notre société souffre de toutes ces incohérences qui créée le mal être, source du stress.


Afriknouvelles.info : Nous sommes là en plein psychodrame Docteur ! Vous faites une peinture de notre société qui démontre à suffisance que la peur du lendemain est devenue une épée de Damoclès pour nos concitoyens...

Dr Hamadou Nassourou :  Comme vous le dîtes. Faut-il pour autant baisser les bras ? Je dis non, et la CAMHYS veut apporter des réponses à ces problèmes. Il y a d’abord la sensibilisation avec la marche sportive. A ce sujet notre Congrès permet que l’on parle de cette problématique du stress dans le milieu du travail. Toutes les entreprises de la Région du sud sont invitées à inviter leurs employés à se faire dépister. Pour ne pas perturber leurs horaires de travail, certaines peuvent choisir de mettre sur leurs sites un point de dépistage GRATUIT à leur intention. Ceci permet de mieux s’assurer que tout le monde a bénéficié de cette opportunité. Il y a ensuite les dépistages systématiques pour le grand public avec la possibilité d’une consultation dans le cas où la maladie est dépistée. La présence des Professeurs de rang magistral est un atout à ne pas négliger. Il y a enfin la session de mise à jour des connaissances des médecins et des professionnels de santé, qui vont pouvoir entrer en contact avec des sommités spécialistes de cardiologie. A terme nous pensons que cela devrait améliorer la qualité de l’offre de soins localement.


Afriknouvelles.info : A quelques semaines du début des travaux, où en êtes-vous avec les préparatifs ?

Dr Hamadou Nassourou :  Vous savez que l’on n’est jamais totalement prêt et il y a toujours quelques réglages de dernière minute à faire. J’en profite pour lancer un appel aux entreprises qui n’ont pas encore confirmé leur participation qu’il ne reste que quelques jours pour leur enregistrement. Ensuite, je m’adresse aux populations du sud pour leur dire que ces assises s’adressent à elles en priorité. Les Régions septentrionales avaient répondu nombreuses à notre appel en 2013 et celles de l’Ouest en 2015. Nous les invitons à s’approprier ce programme pour bénéficier de toutes ses opportunités. L’amélioration de leur santé passe par là. Je vous remercie.

Entretien réalisé par Pierre POCHANGOU