On dirait aussi une ville industrielle de fabrication de chaussures d'un genre particulier. Les fabricants s'accrochent malgré les nombreuses difficultés qu'ils rencontrent. Beaucoup de jeunes y voient une source de revenu et garantie d'un avenir prometteur. Le nombre des clients augmentent chaque jour et qui viennent même de tout le Cameroun et de l'extérieur. Les ateliers se multiplient en attendant un soutien plus énergétique des pouvoirs publics dans le secteur.  Foumban ne cesse d'émerveiller. L'industrie artisanale des babouches à base du cuir et des perles qui s'y développe s'impose au fil des années avec son label .

 

Nous sommes au Cameroun, dans la région de l’Ouest plus précisément dans le département du Noun chef-lieu Foumban. Cette  ville dite « cité des arts », regorge une population composée majoritairement de l’ethnie Bamoun. Le peuple Bamoun est réputé pour son talent en sculpture des objets d’art en bronze et en bois à l’échelle nationale et internationale. Mais à côté de cette activité dominante s’ajoute la fabrication des babouches. Ces samaras qui existent depuis belle lurette selon le président de l’artisanat du palais Moupit Daouda, continuent à démontrer l’identité de ce peuple.

L’origine des matières premières,

Jouxtant le mur extérieur du palais des rois Bamoum, cette entreprise comme toute autre nécessite des  matières premières. Ces dernières sont la peau des bêtes et le carton. La première provient des régions septentrionales du pays tandis que la seconde est plus accessible localement. 

Les étapes de la  fabrication,

Plusieurs employés interviennent dans le processus, chacun jouant un rôle bien précis De prime abord, le travail commence par l’assemblage des matières premières. Le formeur est le premier intervenant. Car il faut découper le cuir pour enfin obtenir une forme. Ensuite, le tisseur s’assure du tissage du produit et enfin le finisseur travaille les dimensions des samaras.

La présentation des samaras sous leur forme finale,

Après l’obtention du produit fini, ces samaras se présentent en trois qualités. Celles faites sans ornement coûte la somme de cinq mille alors que celles faites avec un ornement comme le tissage et les perles ; le prix varie entre dix et douze mille francs CFA. Les couleurs sont variées. Selon Moupit Daouda, le leader de cette entreprise, une peau transformée en cuir vaut l’équivalent de cinq à six paires de samaras dont les pointures varient entre 39 à 45. Mais, la plus grande pointure s’obtient sur commande.

Cette entreprise artisanale a le vent en poupe. D’après Moupit Daouda, la demande accroît parce que les grossistes viennent de tout le triangle national, notamment des grandes métropoles à l’instar de Douala et Yaoundé et certains coins reculés comme l’arrondissement de Kyéossi dans le Sud-Cameroun. Même en pleine ville de la cité des arts, pas un pas sans trouver une personne arborant ses babouches, n’en parlons pas les jours de fêtes. Néanmoins, l’offre demeure faible en raison du fonctionnement de l’atelier toujours sous le poids de l’informel.

                                                                                                                                                                      Ayouba Nsangou